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Ca y est, c'est le départ. Il est un peu plus de 8h00 et nous quittons la maison. Sylvie nous accompagne jusqu'en ville (ce n'est pas encore les vacances pour tout le monde). Nous nous quittons devant les anciennes prisons de Delémont. Notre imaginaire et la chanson de Tri Yann nous propulse vers celles de Nantes. Dans la réalité toute concrète, il va falloir commencer par franchir le col des Rangiers à 890 m d'altitude, à quelque kilomètres de chez nous. Peu après avoir quitté Sylvie, Elori, d'un air malicieux nous dit : « Je ne voulais pas le dire avant pour ne pas inquiéter maman…on fait plein de kilomètres aujourd'hui !!! ». Après quelque 2 heures d'effort, le Col des Rangiers est surmonté. C'est le point culminant de notre voyage. Une belle récompense nous attend: la descente vers la cité médiévale de St-Ursanne. Celle-ci est d'autant plus plaisante qu'elle est décorée par l'illustrateur du « Seigneur des Anneaux », John How. Surprise : au moment de quitter la cité, nous croisons la sœur de Sylvie et sa famille. Après une papote, nous enfourchons alors nos vélos pour atteindre le territoire français. Nous rejoignons St-Hippolyte par le fil du Doubs. Magnifique, sauvage… La chaleur étant importante, les enfants apprécient particulièrement la fontaine du centre ville de St-Hippolyte, dans laquelle ils plongent leurs pieds. La suite du trajet se déroule sur la nationale vers Pont-de-Roide. Là, ravitaillement et goûter gargantuesque. Il nous reste encore à rejoindre l'Isle-sur-le-Doubs. Un détour par Montbéliard ne nous intéresse guère. Nous préférons passer par le plateau d'Ecot. C'est à 570 m qu'il faut remonter. Après la descente et quelques vallonnements supplémentaires, nous atteignons l'Isle-sur-le-Doubs à 19h15. Le compteur affiche 95 km et pas loin de 1000 m de dénivelée positive. Ca commence fort !!!

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Sylvie, qui a enfin les vacances, nous rejoint ce matin au camping de l'Isle-sur-le-Doubs, après une épopée matinale de 40 km depuis Delle. Au grand complet, toute la smala peut donc poursuivre le périple entrepris. Le Doubs grossit. Le vent forcit également. Notre progression en est ralentie. Les aménagements de pistes cyclables prévus sont en cours de réalisation. En fait, pour l'essentiel, seuls sont réalisés les panneaux d'informations relatifs à la période d'exécution des travaux. Ceux-ci indiquent entre autres que les tronçons concernés sont interdits pendant la durée des aménagements. A chaque fois, nous ignorons ces indicateurs, histoire de demeurer au bord du Doubs. Cette façon de faire s'avère plutôt payante. Par contre, à d'autres endroits, nous peinons à trouver notre chemin. Certains tronçons s'effectuent même sur des bandes herbeuses à moins de 10 km/h. Après un passage à Baume-les-Dames, où ce sont les mecs de la troupe qui sont chargés de faire les courses, nous rejoignons Besançon.  Il est 19h00 et nous avons parcouru 65 km.

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Un couple d'Allemand nous avait indiqué que le trajet entre Besançon et Dôle était bien aménagé. La signalisation et le revêtement y sont de première classe !!! Même le vent de face ne parvient pas égratigner notre enthousiasme. Nous quittons le Département du Doubs pour celui du Jura. Les collines deviennent plus plates. Nous arrivons à Dôle vers 17h30 en ayant parcouru 70 km. Il n'est que 17 heures, et nous avons le temps de profiter de la piscine du camping ! Après le repas, nous avons ainsi le temps de découvrir cette cité, plus particulièrement son centre historique. Le soir, le dédale de la Fontaine aux Lépreux et la Petite Venise valent vraiment le détour.

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La météo est peu sûre. Le ciel est couvert. La pluie nous est épargnée. Nous devons toutefois affronter de fortes rafales de vent dans le nez. La qualité des revêtements est également moins bonne qu'hier. Certains tronçons sont même en terre battue. Charmant, mais éprouvant… Nous laissons derrière nous le canal du Rhône au Rhin pour suivre parfois la Saône, parfois son canal latéral. A Verdun-sur-le-Doubs, nous retrouvons une dernière fois la rivière qui nous a accompagnés dès le début du voyage, pour la quitter définitivement. lorsqu'elle se jette dans la Saône. Nous campons à Gergy, un camping déserté, ancienne base militaire. Le compteur affiche 72 km.

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Le vent a tourné. Cette nouvelle situation nous autorise des pointes de vitesse à plus de 30 km/h sur la départementale en direction de Chalon-sur-Saône. L'entrée et la sortie de la ville se fait par de grandes avenues peu adaptées  à la randonnée à vélo. A plusieurs reprises nous hésitons sur la route à suivre. De nombreuses fois, diverses personnes viennent spontanément à notre aide. Il vaut la peine de signaler ici que les Français sont vraiment serviables, chaleureux et désireux d'entrer en contact. Après Chalon-sur-Saône, nous empruntons alors la voie verte qui suit le canal du Centre. La Bourgogne a mis en place un réseau cyclable très bien aménagé. Un seul petit bémol : la densité de camping entre Chalon-sur-Saône et Paray-le-Monial est plutôt faible, ce qui nous contraint à faire beaucoup de kilomètres pour trouver où nous loger. Dès St-Léger nous quittons la voie verte. Au vu de l'horaire et des dénivelés proposés par l'itinéraire, nous empruntons la D974 jusqu'à St-Julien. Le trafic est tout à fait acceptable. Depuis Montceau-les-Mines, nous reprenons la véloroute. En chemin, nous remarquons les dénominations certainement un peu désuètes de quelques rues : Stalingrad, Lénine. Cette nomenclature laisse imaginer une forte présence du parti du communiste dans la région. Le reste de l'itinéraire en direction du camping de Pallinges se déroule dans le paysage magnifique des collines de Bourgogne. Nous arrivons au camping de Pallinges à 20h20 après 113 km parcourus. Les enfants sont euphoriques de leur exploit. De plus, le camping est superbe, logé au bord d'un petit lac. Les gérants sont très accueillants. Un verre d'eau fraîche nous est servi à l'arrivée. Le matin, un café est systématiquement proposé à chaque cycliste. Des tables et chaises sont également mises à notre disposition. La grande classe !!! Ce camping mériterait vraiment d'être signalé sur le guide de l'Eurovéloroute n° 6.

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Compte tenu du coucher tardif de la veille, le réveil est différé à 9h00. Après un déjeuner copieux nous grimpons sur nos vélos vers 11h00. Nous atteignons rapidement Paray-le-Monial pour une visite de la basilique et une flânerie en vieille ville. La basilique, signalée comme l'un des plus beaux édifices romans, nous éblouit. Nous sommes toutefois un peu surpris par la couleur jaunâtre recouvrant les pierres intérieures. Ensuite, nous empruntons la voie verte qui nous emmène à Digoin. Nous y découvrons enfin la Loire et un pont-canal impressionnant. Nous quittons ensuite la Saône-et-Loire et par conséquent la Bourgogne, pour rejoindre l'Allier et donc l'Auvergne. Avec un vent favorable et par la route, nous avalons rapidement les 20 km qui nous séparent de Diou où nous plantons la tente. Les nouveaux gérants du camping sont valaisans. Ils sont installés dans la région depuis quelques années. L'accueil est cordial et amical.

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Nous quittons Diou en revenant sur nos pas (plutôt sur nos traces) pour rejoindre la voie verte. Aménagée sur une ancienne voie ferrée, elle est super roulante. Notre avancée est ponctuée de plusieurs pauses affectées à la cueillette de mûres. Dès Bourbon-Lancy, nous suivons l'itinéraire conseillé. Sur la carte, le tracé proposé nous paraît bien sinueux. Cette appréciation se vérifie sur le terrain. Ces différents détours en valent toutefois bien la peine. Dès Cronat, nous optons toutefois pour la départementale jusqu'à Décize. L'après-midi, nous hésitons sur la route à suivre. Finalement, nous portons notre choix sur le canal herbeux en lieu et place de l'itinéraire zig-zaguant conseillé. Au final, le choix s'avère judicieux. Nous quittons par moment le chemin de halage pour la départementale qui le longe. Globalement, malgré des températures très élevées, le tronçon est agréable. Finalement nous atteignons Nevers vers 19h00 avec 97 km dans les mollets, pour le plus grand plaisir des enfants, que nous emmenons, comme promis, au restaurant. Dernier repas bien sympa en terre bourguignonne. L'orage menace. Alexane en a la boule au ventre. Claude-Alain, lui, en a 9, des boules de glaces dans le ventre, conséquence de quelques erreurs dans le service des desserts. Au chapitre des rencontres, nous retrouvons le couple de Kiel déjà croisé à Digoin. Nous faisons également la connaissance d'une famille parisienne qui se rend en Bretagne à vélo. Le ciel de Nevers nous offre un véritable feu d'artifice pour le 1er août. Les éclairs successifs, d'une grande intensité, illuminent notre tente. Après le violent orage, le calme revient et nous pouvons nous endormir.

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Après s'être offert une grasse matinée, nous quittons Nevers par la véloroute en compagnie de la famille rencontrée la veille. Rapidement, Claude-Alain ne résiste pas à leur donner quelques conseils sur le réglage de la hauteur de selle. Les pauvres, à chaque coup de pédale, leurs genoux remontent pratiquement à hauteur de poitrine !  Nous quittons la Nièvre et définitivement la Bourgogne par un imposant pont-canal au-dessus de la Loire. De l'autre côté, changement de décors concernant le balisage. Absence totale de signalisation. Dans un premier temps, nous ne savons même pas dans quel département nous atterrissons. Malgré cela nous réussissons toutefois à rejoindre le Bec d'Allier, lieu de confluence entre l'Allier et la Loire. Par la suite notre avancée est plus saccadée : hésitations sur la route à suivre, retours en arrière, fort vent de face, tronçons circulants, longues plaines. Finalement nous arrivons à St-Sature, juste en-dessous de Sancerre, après 71 km. Dans les derniers kilomètres nous avions été dépassés par deux couples d'allemands que nous retrouvons au camping. Il s'avère qu'ils habitent la région du lac de Constance et qu'ils sont partis de Besançon pour rejoindre Nantes.

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Ce matin, peu de km après Sancerre, nous trouvons les premiers indicateurs de la Loire à vélo. La classe !!! Si tout n'est pas définitif, des alternatives provisoires sont balisées. Les paysages sont superbes. Nous faisons un longue pause de midi à Briare où nous nous nourrissons de cassoulets. Nous empruntons alors le magnifique pont-canal avant d'enfourcher à nouveau nos bicyclettes. Nous bénéficions alors d'un petit vent chaud dans le dos. Sa régularité nous dissuade de penser que son origine est à mettre en relation avec le repas de midi. Nous arrivons à Gien après 62 km. La piscine du camping est parfaite pour un plongeon bien mérité. En soirée, nous allons visiter la vieille ville et sommes impressionnés par l'intérieur de l'église, partiellement détruite pendant la seconde guerre mondiale et reconstruite en fayence de la région.

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Nous quittons Gien pour Sully-sur-Loire. L'itinéraire nous invite à faire un important détour par St-Florent. Les enfants remarquent bien que notre trajectoire n'est guère rectiligne. L'ardeur à pédaler s'en ressent. Le rythme est assez lent. A Sully-sur-Loire, nous nous arrêtons près de son magnifique château. Les châteaux de la Loire sont enfin là. La suite de l'itinéraire est superbe. La route fait quelques courbes, mais elle suit presque toujours les bords de la Loire. Il fait très chaud. Il n'y a pas un nuage. La luminosité est exceptionnelle. En route, nous nous arrêtons à St-Benoît-sur-Loire, pour y découvrir sa magnifique abbaye. Nous arrivons alors à Orléans, point le plus au nord de notre périple. Nous n'avons désormais plus que de la descente (en latitude…). Nous nous installons au camping d'Orléans. Les compteurs affichent 86 km pour la journée et 800 km au total pour 10 jours de voyage. Nous découvrons le charme de la zone piétonne d'Orléans et sa cathédrale. Au camping, nous faisons la connaissance d'une sympathique famille de cyclistes qui vient de Annemasse avec qui nous partageons un bout de soirée et notre galette bretonne.

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Le soir précédent, les enfants, stimulés par la présence de nos voisins cyclistes, avaient fixé l'heure du réveil à 7h30. En conséquence, c'est à 9h30 que nous chevauchons nos bécanes et prenons congé de la famille de Annemasse. Nous disposons désormais d'un guide précis de la Loire à vélo fourni par l'Office du Tourisme d'Orléans. Chemins bitumeux et chemins blancs s'alternent. Le soleil commence à chauffer. Nous prenons une pause appréciée et gloutonne dans un champ de framboises. La chaleur est de plus en plus étouffante. Nous arrivons fourbus au Château de Chambord. Nous visitons avec un réel plaisir ce splendide et opulent bâtiment conçu comme relais de chasse par François I (ben alors…). Bien qu'il soit 18 heures lorsque nous quittons Chambord, le chaud est toujours aussi intenable. C'est donc avec une grosse fatigue que nous arrivons au camping de Blois. Comble de malchance, la piscine proche du camping est déjà fermée. Une plongée nous aurait pourtant fait le plus grand bien.  85 km sous un soleil de plomb et la visite d'un grand château facilite grandement notre endormissement.

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A trop avoir désiré un orage rafraîchissant le jour précédent, nous sommes servis. Il pleut presque sans discontinuer jusqu'à notre arrivée au camping des Accacias à la Ville-aux- Dames, juste avant Tours. Notre trajet se déroule presque majoritairement sur des routes départementales. Pédaler sous la pluie s'avère bien plus agréable qu'envisagé. Nous n'avons finalement que nos jambes et nos pieds qui se mouillent (nous pédalons toujours en sandalettes). Les paysages par contre ne se révèlent pas sous leur meilleur jour. Nous apprécions toutefois notre passage à Amboise, pour ses crêpes et son château. Nous arrivons au camping à 16h30, sous le soleil, secs... Les enfants y investissent rapidement le château gonflable et le trampoline. Des contacts sont rapidement établis avec d'autres enfants. Après 69 km de vélo, c'est une deuxième journée d'effort pour les enfants, pour leur plus grande joie. Les tenanciers du camping sont très chaleureux et serviables, ils nous mettent à disposition une table et des bancs, ce qui est fort agréable. Une bonne tournée de lessive permet à chacun de retrouver tous ses vêtements frais !

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Ce matin, nous faisons la connaissance d'un couple de Normands qui remontent la Loire pour y découvrir ses magnifiques jardins. Ils ont 4 enfants âgés de 13 à 20 ans qui ne sont pas du voyage. Ils redécouvrent après de nombreuses années les vacances en couple. Ils ont l'air d'y prendre goût… Comme convenu ce matin, nous allons déjeuner à Tours où nous nous restaurons devant la Cathédrale St-Gatien. Un guide s'adressant à un groupe nous apprend que St-Grégoire de Tours est considéré comme le père des historiens. Nous quittons alors la ville de Tours par des pistes cyclables bien aménagées et parfaitement indiquées. Le tronçon entre Tours et Candes-St-Martin est superbe. Nous quittons à plusieurs reprises la Loire pour rejoindre le Cher d'abord, l'Indre ensuite, et finalement la Vienne, qui toutes viennent gonfler la Loire. Après 76 km, nous trouvons bon accueil au camping de Candes-St-Martin. Le village est d'une grande beauté. Ses maisons de pierre forment un ensemble magnifique, apparemment encore peu prisé des spéculateurs immobiliers. C'est aujourd'hui que nous franchissons la barre des 1000 km. Au camping, nous sommes interpellés par un sexagénaire qui nous dit regretter de ne pas avoir emmené ses enfants vivre des vacances à vélo autrefois. Il pense que de telles expériences sont de nature à développer la persévérance. Il y a beaucoup de cyclistes au camping !

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Ce matin, sur le point de partir, nous entrons en contact avec deux familles qui sont au camping. La première, qui vient du Département de la Loire, suit ce fleuve à vélo depuis sa source jusqu'à l'Atlantique. Ils se déplacent en voiture, s'installent à un endroit et sillonnent pendant quelques jours la région à vélo. L'autre famille vient de Belgique et suit la Loire à vélo entre Orléans et Angers. Nous les avions déjà croisés deux jours plus tôt en ville d'Amboise. Si le village de Candes-St-Martin recèle un superbe patrimoine architectural, il n'offre par contre aucune possibilité de ravitaillement. Pas de pain pour le petit-déjeuner. Nous avalons chacun quelques biscottes dans l'attente de trouver une boulangerie à Saumur. L'itinéraire proposé passe à travers le vignoble et nous réserve quelques jolies côtes. Nous n'atteignons donc Saumur que vers 11 heures.En vieille ville de Saumur, nous retrouvons les deux couples d'allemands rencontrés près de Sancerre. Malgré une courte averse subie juste avant le repas de midi, le reste de la journée se déroule sous un ciel alternant rapidement entre le bleu azur et un ciel gris de la Toussaint. La température est très automnale. Dès Bouchemaine, nous suivons la Maine en direction d'Angers. Une erreur stratégique nous fait faire un détour d'environ 5 km avant d'arriver au camping vers 19 heures. Au final, 87 km au compteur. Malgré l'air cru, nous plongeons dans la piscine du camping avant de nous réfugier au chaud au restaurant pour nous régaler autour de savoureuses pizzas. L'ambiance musicale y est des plus sympas, animée par un bluesman.

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Aujourd'hui, nous entamons notre troisième semaine de vacances. Quel luxe. Ce matin, nous prenons le temps d'une flânerie à Angers. Nous sommes notamment charmés par les ruelles pavées de la vieille ville. Le château fortifié est également impressionnant. Nous rejoignons alors les bords de la Maine pour la suivre jusqu'à l'endroit où elle se jette dans la Loire. Une erreur dans le choix de la route nous vaut une jolie montée dans le vignoble de Savenières. Notre effort est récompensé par un superbe coup d'œil. Par la suite, nous quittons progressivement les grandes plaines de marais pour trouver les grasses prairies de la région d'Ancenis. Après 76 km, nous arrivons au camping d'Ancenis, dans lequel nous retrouvons les deux couples d'allemands. Les enfants sont une nouvelle fois fiers de constater qu'ils vont aussi vite que des adultes…

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Dès Ancenis, le tracé de l'itinéraire est provisoire. Par conséquent, notre route emprunte quelques voies un peu plus circulantes. Les montées sont également plus nombreuses. Le paysage vallonné et verdoyant rend toutefois notre route bien agréable. Nous arrivons ainsi rapidement à Nantes où nous prenons le repas de midi dans le parc à côté de la Cathédrale. Notre arrivée précoce à Nantes nous permet d'y passer un après-midi de détente. Nous choisissons le camping au nord de la ville. Nous déposons nos affaires et récupérons quelques forces avant de repartir pour une visite de Nantes à vélo. A ce sujet, nous constatons que ce moyen de transport est tout à fait adapté en ville, cela même avec des enfants. Nous avions quelques appréhensions et nous devons constater que tout s'est bien passé, dans toutes les villes traversées. Plusieurs éléments expliquent cela : aménagements cyclables relativement nombreux, attention des automobilistes, compétences des enfants à circuler en ville. En soirée, après une virée en librairie et chez la coiffeuse, nous nous offrons un repas dans un restaurant chinois sur la place Bouffay. A ce moment nous pouvons découvrir une animation spectaculaire d'une association brésilienne pratiquant la « capoera », une danse très athlétique. Nous ne pouvons pas nous empêcher de penser au rôle de la ville de Nantes dans la traite des Noirs. Ironie de l'histoire, ce sont ce soir ces danseurs afro-américains qui animent la ville.

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Nous traversons une dernière fois le centre piétonnier de Nantes avant de nous engager en direction de l'Atlantique. Lors de nos recherches préalables sur internet, une source indiquait que le tronçon entre Nantes et l'océan ne serait pas intégré à l'Eurovélo 6. C'est bien dommage. Lorsque l'on a longé un fleuve pendant plusieurs centaines de kilomètres chacun est intéressé à le voir se jeter dans l'océan. Cet attrait a été fort bien compris par les gens du coin : le trajet entre Nantes et l'océan est très bien balisé. La signalisation semble provisoire, mais elle est tout à fait fonctionnelle. De plus, hormis la sortie de l'agglomération nantaise, le trajet est charmant et agréable. Une forte excitation anime les enfants. Notre but est à portée de main. Après un peu plus de 60 km, nous arrivons à l'océan, à St-Brévin au sud de St-Nazaire. Les enfants sont heureux ! Le paysage est splendide. La région étant très prisée des touristes, nous ne sommes pas encore au bout de notre effort. C'est une dizaine de km plus loin que nous trouvons enfin de la place dans un camping à la ferme. Une fois installés, nous pouvons alors nous baigner dans l'océan. Après 1300 km et 17 jours de vélo, nous avons réussi à rejoindre l'océan depuis chez nous. Au bilan, des paysages superbes, un patrimoine historique riche, mais surtout une super expérience familiale (entraide, complicité, solidarité, persévérance, bonne humeur).

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Si nous avons atteint l'Atlantique, nos vacances ne s'arrêtent pas pour autant. Nous avons réservé 4 nuits au camping de l'Ile d'Yeu du mardi au vendredi. Etant donnée que nous avons un peu d'avance sur le programme, nous rejoignons le port de Fromentine en courtes étapes, laissant place à de nombreuses baignades sur le littoral. Nous faisons également un crochet par l'Ile de Noirmoutier que nous atteignons par le Gois, la chaussée submersible. Drôle de sentiment que d'emprunter une route qui disparaît chaque jour à la marée montante. A Fromentine, le plus pénible nous attend. La mer est très agitée. Nos estomacs n'y résistent pas. Seul Elori est épargné. Nous posons alors le pied sur l'Ile d'Yeu où nous nous installons. Cette petite île de 7 km sur 4 est un vrai bijou. Certes, elle est envahie par les touristes en été. Sa population passe de 5'000 à 35'000 habitants. Pour autant, ses plages, notamment celles de la Côte Sauvage paraissent bien préservées des hordes de vacanciers adeptes de la seule bronzette. L'Ile d'Yeu semble encore contenir les appétits des spéculateurs immobiliers. Le transfert des voitures par bateau sur l'île est déconseillé. Les tarifs sont d'ailleurs prohibitifs. Cette situation fait de ce territoire un paradis pour les cyclistes qui sont très nombreux. Afin de préserver ses richesses, l'Ile d'Yeu aurait à notre avis tout intérêt à interdire toute circulation automobile aux non-insulaires. Voilà, c'est la fin des vacances, nos compteurs affichent plus de 1'500 km, mais, bien plus important, nous avons vécu une expérience formidablement dépaysante.

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